Politiquement correct... et (surtout) incorrect

Politiquement correct... et (surtout) incorrect

CHM 1-2. La Genèse - René

C'est l'histoire d'un mec...

LA GENESE

Cette histoire a commencé il y a déjà longtemps. Si longtemps que la quasi-totalité des joueuses du RCM Basket d’aujourd’hui n’étaient même pas nées. Et que les plus jeunes des membres de l’actuel comité directeur n’avaient que quelques années.

C’était à la fin de l’été 85. Quelques semaines plus tôt, l’ASRCM Basket (tel était son nom à l’époque, un club unique regroupant les diverses disciplines pratiquées à Roquebrune Cap-Martin) avait réussi l’exploit d’obtenir le titre de championne de France de Nationale 2 et d’accéder à la Nationale 1 qui constituait alors le plus haut niveau national. Le professionnalisme n’existait pas encore… ou du moins n’avait pas encore été officialisé comme il le sera quelques années plus tard avec la création de une puis deux Ligues.
Cette irruption allait avoir – mais évidemment je ne le savais pas – une conséquence directe sur ma propre vie.
J’étais alors journaliste à l’agence de Menton de Nice-Matin et, si je m’occupais plus particulièrement de la rubrique de Roquebrune-Cap-Martin, je n’avais, je l’avoue, suivi que d’assez loin l’épopée des « demoiselles de Roquebrune » (ci-dessous la première équipe en NF1). 
Cette appellation avait été donnée aux joueuses roquebrunoises par Gisèle T., la correspondante locale de Nice-Matin, en référence aux fameuses « demoiselles de Clermont » qui avaient réussi à briller bien au-delà des frontières françaises. Et c’est cette personne assurait la quasi-totalité des écrits parus dans les colonnes du journal. Des écrits qui, le plus souvent, avaient nécessité une relecture permettant d’expurger quelques excès d’enthousiasme inhérents à une supportrice acharnée. Précisons toutefois que ces excès n’étaient rien en comparaison avec la totale mauvaise foi d’un autre correspondant oeuvrant sur le football à Menton et capable de quasiment transformer une sévère défaite en une victoire potentielle SI… S’ensuivait une litanie d’excuses toutes plus improbables les unes que les autres mais qui avaient au moins le mérite de nous mettre en joie.
Dans ce contexte, et à partir du moment où Roquebrune intégrait l’élite nationale, la direction du journal imposa la participation d’un journaliste professionnel. Ce ne pouvait être que moi… à ce petit détail près que mes connaissances en basket étaient assez limitées. « Et elles le sont toujours » ajouteront quelques perfides personnages qui ont tendance à penser que seule une joueuse ayant pratiqué à très haut niveau peut connaître la discipline. Eternel débat sur lequel je ne m’étendrai pas tant il est ridicule. 

Que faire dans ce cas ? La réponse était limpide. Le bureau en face du mien à l’agence de Menton était occupé par René qui, lui,  avait assidûment pratiqué le basket dans sa jeunesse et était capable de décrypter les finesses du jeu. Pour le coup, la « couverture » du basket à Roquebrune serait assurée non par un mais deux professionnels, René s’occupant de l’aspect technique, moi de tous les « à-côtés ».
Nous étions, je le rappelle, en 1985. Treize ans plus tard, après avoir quitté Nice-Matin,  nous rejoignions tous les deux le comité directeur présidé par Hubert Marti.
Jusqu’alors, et bien qu’impliqués dans la vie du club, fut-ce de manière indirecte par le biais de nos écrits, nous avions estimé que nous ne pouvions être juge et partie. Le journaliste devait conserver sa totale liberté d’expression, y compris s’il avait quelque chose de déplaisant à écrire. De fait, nous avions vécu, René et moi, quelques épisodes « chauds » de la vie du club au milieu des années 90. Il ne nous aurait guère été possible de les retranscrire dans le journal avec la double casquette de journaliste et de dirigeant.
En 2003, après le renoncement de mon ami Henri Allamandi élu l’année précédente, je prenais sa suite pour un bail qui s’est achevé en juin 2016.
1985-2016, cela fait trente et un ans au service du basket, un peu moins de la moitié de mon existence. Quand je vous disais que l’accession de Roquebrune à la NF1 avait changé ma vie !


René

J’ai avec René une histoire encore plus longue que celle du basket puisqu’elle a commencé… dans les années 60 ! Lui était – déjà – journaliste à Menton, moi qui suis un poil plus jeune débutais à Cannes. Nous nous sommes connus par l’intermédiaire d’un troisième journaliste qui a été mon professeur dans ce métier et qui, après avoir été à Cannes où je l’avais rencontré, avait été muté à Menton.
Et puis, en 1980, cela a été à mon tour d’arriver à Menton, « exilé » de la Principauté voisine où mes écrits sur le football avaient (fortement) déplu au principal dirigeant de l’époque à la tête de l’AS Monaco.
A l'agence de Menton à la fin des années 80, en compagnie du regretté Jean Bomy
Pendant près de vingt ans nous avons donc travaillé ensemble, dans des registres communs ou spécifiques comme la musique pour René qui était assurément  l’un des critiques les plus « pointus » de Nice-Matin. Ses écrits à propos notamment du Festival de Menton faisaient souvent référence. Et nous avons uni nos compétences pour « chanter » le basket roquebrunois, formant le plus improbable des duos, lui plutôt réservé, moi plutôt extraverti. J’emploie volontairement le mot duo car, d’une certaine façon, l’un n’allait pas sans l’autre. Au demeurant, les filles nous avaient trouvé quelques joyeux surnoms comme « Tic et Tac », « Titi et Grosminet », « Hansel et Gretel »… et peut-être d’autres que nous préférons ne pas savoir !
Au fil des ans, nous avions réussi à créer une telle complicité que nous étions capables, lors des réunions du comité directeur, de mener à bien de fausses disputes durant plusieurs minutes sur les sujets les plus divers.
Lorsque de légers… différends avec le corps arbitral m’ont valu quelques semaines de suspension, c’est René qui a pris le relais. Tout en douceur et retenue.
Il a été atteint par la lassitude quelques années avant moi. Le club y a beaucoup perdu, moi aussi.
j
Fin août 90, René relatait la visite des joueuses roquebrunoises à Cap Tonus, la salle de sport dont Jack Pillet était le propriétaire, dans le cadre de la préparation à une saison de NF1B sous la conduite de Bernard Magnin.

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