Politiquement correct... et (surtout) incorrect

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CHM 5-6. Barbara - Un petit tour en Alsace

C'est l'histoire d'un mec...

Barbara
Un dicton latin dit qu’il n’y a jamais bien loin du Capitole à la roche tarpéienne. Dans l’histoire de RCM Basket, il a été vérifié deux fois.
La première survint au début des années 90. Le club qui avait tenu cinq ans en NF1A, avait été relégué au terme de la cinquième, était remonté la sixième et avait coulé à pic avec une double relégation assumée par les dirigeants.
Plus près de nous, RCM Basket retrouva la NF1 voici trois ans… et se retrouve aujourd’hui en situation de quitter un championnat national où le club a joué sans interruption depuis plus de trente ans.
La superbe allure de Barbara
Plus que toute autre, une fille a incarné la réussite de la séquence « champion de France-NF1 » : Barbara.
J’ai dit dans quelles conditions elle était partie. Cet épilogue en queue de poisson ne saurait cependant effacer tout ce qu’elle a apporté.
Barbara figure dans mon panthéon personnel des joueuses qui ont fait l’histoire du club.  
Après avoir connu des hauts et des bas – en se sauvant même une fois lors du tout dernier match gagné à Saint Chamond et en étant repêchée une autre fois - notre équipe avait retrouvé un certain allant qui lui avait permis de se qualifier deux fois pour les P.O. Elle avait « calé » à ce moment en dépit d’un groupe de base plus que fiable (Marylène, Pauline, Sarah, Wera, Marine).
Tout a changé avec l’arrivée de Barbara. Celle-ci avait en fait un niveau de jeu bien supérieur à la NF2 puisqu’elle sortait d’une saison de Ligue A avec le Cavigal. Pour venir chez nous, elle avait fait un « choix de vie » lui permettant de continuer à pratiquer son sport de prédilection sans les contraintes d’un statut pro.
Et elle n’a eu besoin que de cinq minutes pour faire la conquête du club ! Son apparition au gymnase Valgelata en tenue de ville le soir d’un match de P.O. fit l’effet d’un ouragan sur la gent masculine. Mon bon René qui, depuis quelques semaines, nous « bassinait » en affirmant « il est temps pour moi d’arrêter », fit instantanément évoluer son discours en « bon, puisque vous insistez, je vais essayer de faire encore au moins une saison ».
Tout au long de sa première saison, Barbara a fait « exploser » les stats jusqu’au couronnement de Tours. Elle a continué par la suite, encore en NF2 , ensuite en NF1 où, plus que toute autre, elle a incarné les valeurs de courage et de volonté de notre club.
Ce qui se passa par la suite fut, en quelque sorte, le revers de la médaille.
Pendant trois ans, Barbara avait été tellement au dessus du lot qu’elle pouvait tout se permettre, y compris de « sécher » bon nombre d’entraînements… au grand dam de Cyril ! Mais la joueuse était si performante qu’il était difficile d’exiger encore plus.
Ce genre de comportement ne pouvait pas passer auprès de quelqu’un d’aussi rigoureux que Babette, d’autant que Barbara ne dominait plus autant son sujet. Dès lors le conflit était inévitable…
Barbara est donc partie fâchée et c’est une chose qui m’a attristé même si je n’ai jamais regretté la décision prise par le Comité Directeur. Nous ne pouvions accepter d’être, en quelque sorte, pris en otage par une joueuse, aux dépens d’une équipe et d’un entraîneur. Aussi brillante soit-elle. Et Dieu sait que Barbara l’était !


Un petit tour en Alsace...

Une pub passant actuellement à la radio à propos du fameux « marché de Noël » de Strasbourg a éveillé des souvenirs remontant à la saison de NF1.
Nous devions aller jouer à Gespolsheim début décembre et les filles ont été immédiatement unanimes :  « il faut en profiter pour aller voir le marché de Noël de Strasbourg ».
Déjà,  trouver un hôtel à cette période de l’année n’a pas été simple. Il ne restait pas beaucoup de places, et pratiquement aucune dans les établissements « pas chers » (finances du club oblige !).
En définitive, j’en ai déniché un… en Allemagne. Dit comme ça on a l’impression d’être au bout du monde mais en fait il n’y avait que quelques dizaines de kilomètres à faire pour retrouver notre bonne vieille France.
Les vols directs Nice-Strasbourg étant également assez onéreux, on s’est rabattu sur une formule éco avec une compagnie britannique à la couleur orange prononcée si vous voyez ce que je veux dire. On a donc fait Nice-Bâle, là on a loué deux voitures et en route pour une bourgade allemande dont j’avais, je l'avoue, complètement oublié le nom retrouvé via Internet : Kappel-Grafenhausen.
L’Euro-Hôtel n’ayant pas de restaurant, nous avons déjeuné en face dans une sorte de cafeteria installée à proximité d’une station-service. Enfin, disons qu’on s’est « nourri »...
Courte sieste (les filles ne tenaient plus en place) et départ pour Strasbourg.
Nous avons passé pas loin de deux heures dans ce marché, en essayant de ne pas nous perdre les uns les autres car c’était le premier jour et il y avait foule ! Tellement que la chaleur humaine faisait office de chauffage car inutile de préciser que la température était plutôt fraîche.
A part un peu de nourriture, personne n’a acheté grand-chose. Mais c’est vrai que l’on en a pris « plein les yeux » avec les illuminations dans les rues et de la Cathédrale (ci-contre),  l’immense sapin, etc…
Bref, tout le monde est reparti le cœur joyeux pour se rendre à Gespolsheim… où nous avons pris plus de cent points. Mais franchement il n’y a pas de rapport de cause à effet entre nos pérégrinations au Marché et cette lourde défaite. En fait, dans un match placé sous le signe de l’offensive, nous avons marqué plus de 80 points, l’un de nos plus gros scores de la saison. Le problème, c’est que les Alsaciennes étaient « en feu ». Dans le premier quart-temps tout, mais absolument tout rentrait. Un véritable cauchemar. A la fin de la rencontre les filles étaient effondrées, les plus touchées étant sans doute Barbara et Elodie qui n’avaient jamais connu pareille débâcle.
Pour être honnête, une superbe collation d’après-match avec dégustation de vins d’Alsace, a permis à tout le monde de retrouver le sourire.
Vu que nous devions nous lever de très bonne heure le lendemain pour prendre l’avion, nous avons un peu écourté cette deuxième partie de soirée. Enfin, pas toutes les filles. Il faut dire que les basketteuses sont comme les marins qui ont des filles dans chaque port. Certaines ont des ami(e)s dans chaque ville où l’on se rend. La plus forte dans ce registre était Sarah. Il y avait quasiment toujours un groupe de gens avec une banderole « allez Sarah » ! Bref, certaines sont rentrées tard dans la nuit, d’autres très tard, une ou deux très, très tard… quasiment au moment de partir !
Nos tribulations n’étaient pas terminées pour autant. 
Sur la route, dans la nuit (à 7 heures il ne fait pas encore jour en Alsace…) nous avons raté la bonne bifurcation pour atteindre l’aéroport de Bâle. Il a donc fallu faire un grand crochet. Bref, nous sommes arrivés comme on dit « à la bourre ». Une partie du groupe s’est précipité à l’enregistrement, une autre est allée rendre les voitures. Le temps passait, passait et quand le second groupe est arrivé, il a fallu palabrer pour que l’on nous accepte. Une hôtesse pas courtoise du tout ne voulait pas nous laisser passer ! Heureusement un de ses collègues a eu pitié. Bref, tout le groupe a pu être reconstitué mais je pense qu’une joueuse n'aura pas grand souvenir de ces ultimes péripéties, cuvant une absorption (peut-être) excessive d’alcool durant une très longue nuit… On dira pudiquement qu’elle avait noyé dans la vodka le chagrin de la défaite !

 

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