Politiquement correct... et (surtout) incorrect

Politiquement correct... et (surtout) incorrect

CHM 15-16. Marco et Agostino - Hommage à Jean Pierre



C'est l'histoire d'un mec...

Marco et Agostino
Agostino et Marco ont été, je l’ai dit, les deux rouages majeurs de l’épopée des U17 en championnat de France.
J’ai connu Marco bien des années avant qu’il n’intègre notre comité directeur. C’était alors en qualité de… Papa d’une Federica très prometteuse qui a malheureusement rapidement cessé de jouer au basket pour double cause de blessure et d’études (ce qui faisait effectivement beaucoup !). Elle est aujourd’hui une « designer » dont on reparlera certainement dans son domaine d’activités.
Ayant quitté le club qu’il présidait, Marco s’est tout naturellement rapproché de RCM Basket et sa formidable énergie en même temps que sa connaissance très « pointue » du basket ne pouvait nous laisser indifférents ! Il a donc rapidement rejoint le comité directeur et a su en très peu de temps se rendre indispensable. Bon, c’est vrai, Marco c’est comme le lait sur le feu : il faut toujours le surveiller ! Il met en effet tant d’enthousiasme dans ses actions que, parfois, il se laisse emporter… A partir du moment où l’on a trouvé le bon « mode d’emploi », la présence d’un tel dirigeant est  une richesse pour un club car, malheureusement,  il est de plus en plus rare de trouver des gens capables de tant s’investir simplement par passion. Une passion qu’il mettait dans tous ses actes au point de se blesser assez sérieusement en chutant lors d’une de nos fêtes de Noël où il incarnait Marcocelix, l’Obelix de RCM Basket, dans une parodie de la célèbre BD.
Agostino façon Disco lors d'une de nos Fêtes
Marco a donné une « touche » italienne au club en étant notamment à l’origine de plusieurs « pasta parties » lors de nos manifestations. Je me souviens d’ailleurs très bien de la première. Il nous avait préparé des pâtes « al dente »…. à l’italienne, c'est-à-dire immangeables pour des Français ! Par la suite, j’ai exigé de goûter avant de servir.

Agostino est très différent, physiquement, mentalement. Mais lui aussi a su mettre une énergie folle dans sa mission de dirigeant. Ce n’est pas par hasard que nous lui avions confié le rôle d’Asterix qualifié par son créateur de « petit guerrier à l’esprit malin et intelligence vive ». Avec une touche de jésuitisme façon Mazarin (qui était transalpin comme chacun sait).
Nous avons partagé la dernière année de ma présidence et il n’y a jamais eu le moindre désaccord entre nous deux, même lorsqu’il s’est agi de prendre des décisions graves.
 Il avait largement les qualités (et la volonté) de prendre ma succession. Malheureusement ses activités professionnelles le contraignirent à renoncer comme avait renoncé, pour les mêmes raisons, Henri auquel j’avais succédé. Gérer un club relativement important (par le niveau de compétition atteint) nécessite une disponibilité qu’un « actif » ne peut pas toujours avoir, sachant que ce club n’a pas un employé rémunéré.  D’où, bien souvent, des retraités ou des personnes sans emploi aux postes-clés que sont la présidence et le secrétariat. Dommage.
Nous avons partagé beaucoup de bons moments ensemble mais le plus inoubliable restera assurément cette soirée vécue à Vintimille.
Tout a commencé au gymnase lorsque fut prise la décision d’organiser un repas à l’intention des cadettes pour les féliciter de leur beau parcours. Agostino se proposa de faire la réservation dans un restaurant qu’il connaissait bien.

Au jour et à l’heure dite, un groupe de vingt personnes se présenta donc au restaurant.

Agostino s’avance vers la réception en indiquant « j’ai fait une réservation hier soir pour 20 personnes. Nous voici ».

Tête de son interlocuteur qui jette un regard désespéré sur une salle plus que bondée et ne peut que répondre : « vous êtes bien sur d’avoir réservé ? »

Agostino, sur un ton (légèrement) excédé : « parfaitement. C’était hier vers 19 heures et j’ai parlé à Oswaldo ».

« Heu, Monsieur, ce n’est pas pour vous contredire ou vous manquer de respect, mais il n’y a pas d’Oswaldo dans notre établissement… »

« C’est une plaisanterie ? » demande Agostino.

« Pas du tout monsieur. Je vous dis simplement qu’il n’y a pas d’Oswaldo dans notre établissement ».

« Mais ce n’est pas possible ! Attendez un instant… »

Agostino ressort, empoigne derechef son téléphone, consulte nerveusement l’historique des appels, retrouve le numéro appelé la veille et le rappelle aussitôt.

Et qui répond ? Oswaldo ! Himself.

« Vous avez fait quoi de ma réservation ? On vient de me dire qu’il n’y a plus de place… »

Oswaldo : « Mais pas du tout. On vous attend. Vous êtes où ? »

« Ben, devant la porte »

« Impossible, je ne vous vois pas »

« Mais ce n’est pas possible, un groupe de vingt ça se remarque ! Vous êtes bien les deux Palmiers à Vintimille ? »

- « Ah non, pas du tout. Ici c’est « chez Oswaldo » à Cagliari en Sardaigne »…

Eh oui, dans sa précipitation la veille, Agostino avait confondu les deux restaurants qui se suivaient dans sa liste de contacts…

Nous avons finalement tous pu manger aux Deux Palmiers après une petite attente mais, bien évidemment, les sarcasmes ont plu sur Agostino. Longtemps.

Comme Henri en d’autres temps, Agostino avait les larmes aux yeux lorsqu’il a rendu publique sa décision de renoncer à la présidence. Des larmes de tristesse et de frustration. C’est la vie… et c’est parfois très dur. En ce qui me concerne, j'ai été heureux de travailler avec lui et je ne peux lui dire qu'une chose: "Merci pour ces moments"... comme dirait une certaine personne!


Hommage à Jean-Pierre

Au fil de ces souvenirs, les noms de plusieurs dirigeants ont déjà été évoqués. Mais pas celui du plus emblématique d’entre tous, Jean-Pierre Fasiolo.

Jean-Pierre et Paul Berio...
Jean-Pierre et Jacky Valgelata entourant 
Jean Peregrini, maire de Roquebrune
















Jean-Pierre formait avec Paul Berio - entraîneur de l’équipe première durant plusieurs années  -  et Jacky Valgelata un irrésistible trio qui a su amplifier le mouvement initié par Roger Furgeri dans les années 70.
Les soirs de matches, il y avait deux spectacles au gymnase : celui du match et celui de nos trois lascars juchés sur la mezzanine qui savaient mettre une « pression » de fou sur les arbitres et éventuellement les joueuses adverses. Il faut dire qu’avec un physique de rugbyman et des voix de stentor, ils avaient les qualités nécessaires. Avec en plus, bien entendu, une absolue mauvaise foi ! Comme ce soir où, dans les derniers instants d’un match, ils saluèrent une faute sifflée à une joueuse parisienne d’un retentissant « eh bien c’est pas malheureux, elle fait ça depuis le début ». A cette petite nuance près que ladite joueuse venait tout juste de faire son apparition sur le terrain…
Jean-Pierre avait aussi l’habitude de se placer à proximité de la caméra filmant le match, caméra dotée d’un micro. Ce qui permettait, au visionnage, d’écouter ses commentaires dont un jour un « oh non, pas elle ! » marquant sa désapprobation du choix de l’entraîneur de faire rentrer une joueuse.
Lorsque je suis arrivé au Comité Directeur fin 1998, Jean Pierre Fasiolo était encore là et il m’a accompagné (et encouragé) durant quelques années encore avant de s’éloigner tout doucement du gymnase en raison d’une longue maladie qui le taraudait.
Les deux dernières années, on ne le voyait plus guère que pour les matches joués par les Cadettes France puis par l’équipe de Nationale 3. Mais c’était surtout en qualité de grand-père fier de venir encourager ses deux petites filles Charlotte et Marion Loaso.
C’était en quelque sorte un retour aux sources pour quelqu’un qui avait été, dans sa jeunesse, un excellent footballeur portant avec fierté le maillot de l’AS Roquebrune-Cap-Martin, et qui était venu au basket comme beaucoup d’autres papas : afin d’accompagner sa fille Corinne qui fit partie de la toute première équipe roquebrunoise poussine en 1971 !
Il ne savait pas, à cette époque, qu’il débutait une « aventure » qui allait durer plus de trente ans et faire de lui l’emblème du basket roquebrunois. Et un personnage incontournable du basket azuréen.
Tandis que Corinne s’illustrait sur les parquets, lui travaillait en coulisses avec autant d’opiniâtreté que d’efficacité. S’il occupa lui-même le poste de président, il fut surtout un « homme de l’ombre » oeuvrant aussi bien auprès de ses prédécesseurs (Olivier Marfaing, Robert Furgeri) que de ses successeurs. Tous respectèrent son expérience et sa parfaite connaissance du basket. Il était un « dirigeant » mais il savait, au premier coup d’œil, déceler un talent naissant. Et c’était probablement sa plus grande force.
Conteur infatigable, il aimait évoquer les mille anecdotes – parfois croustillantes ! – qui émaillèrent les trois décennies de son engagement total auprès du club. Il le faisait avec une truculence basée sur une voix rocailleuse (le tabac…) et parfois un inimitable zozotement à nul autre pareil.

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