Politiquement correct... et (surtout) incorrect

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lundi 28 novembre 2016

La démesure



Depuis des années, ce que l’on regroupe sous le terme générique « communication » a pris une importance croissante au point de devenir démesurée.
L’idée de départ était, pour les hommes (et femmes) politiques, de mieux faire savoir et comprendre leurs actions (forcément remarquables). Reconnaissons que ce n’était pas forcément superflu en certaines circonstances.
Le problème c’est que les limites ont rapidement été franchies, surtout avec la multiplication des media provoquant une surenchère permanente et l’irruption d’internet qui a modifié les codes. Si vous n’êtes pas un adepte de Facebook et si vous ne tweetez pas au moins une fois par jour, vous entrez forcément dans la case « ringards » ! Vous pourrez me rétorquer que le « blog » appartient au même registre d’expression. Ce n’est pas faux. Comme dirait l’autre, il faut vivre avec son temps. Avec ce qu’il a de bien… et de moins bien.
Je parlais de surenchère. On en a eu une nouvelle illustration ce dimanche soir dans les heures qui ont suivi le succès de François Fillon à la primaire de droite (et du centre, ne l’oublions pas). La folie médiatique qui s’est emparée de l’événement  m’a indigné. En fait, sur France 2 – qui est une chaine publique financée par chacun d’entre nous – le dispositif était celui d’une élection présidentielle (la vraie). On a ainsi eu droit au cameraman sur la moto suivant la voiture transportant Fillon que l’on ne pouvait même pas voir en raison de vitres fumées ! On ne saurait me taxer d’être mauvais perdant puisque, justement, j’étais un supporteur de Fillon. Mais celui-ci a gagné de fort belle façon une primaire, pas la présidentielle. On a beau affirmer qu’il sera le favori en mai prochain, les résultats de beaucoup d’élections récentes prouvent à l’évidence que rien n’est encore fait. Fillon est aujourd’hui dans une situation un peu semblable à celle de Juppé voici quelques semaines : il est le favori. Et l'on sait où en est Juppé! Tant de choses peuvent encore se passer !
La démesure, ce sont encore les dithyrambes de Jean-Luc Melanchon à propos du décès de Fidel Castro. Celui-ci est, c’est vrai, un personnage qui a toute sa place dans l’Histoire du monde. Mais Néron, Napoléon, Hitler aussi. Et bien d’autres. Comment un homme politique français qui ne cesse de mettre en avant des idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité (notre devise en fait) peut-il avoir de tels accents pour saluer la mémoire d’un dictateur qui, depuis des décennies, faisait régner la terreur sur son île avec on ne sait combien de victimes ? Mystère. Sauf à admettre qu’il y a deux catégories de dictateurs…
La démesure, ce sont enfin les excès de langage de gens que l’on nous présente comme des « humoristes ». Depuis quelque temps, c’est l’inflation ! Il en sort de partout, à la télévision, dans les radios, le plus souvent moyens, voire médiocres, ce qui les contraint à aller toujours plus loin.
J’adore Canteloup – qui, avec ses auteurs, est un véritable humoriste - mais l’entendre (et le voir) tourner en dérision le (petit) problème de bave de Juppé le soir du débat face à Fillon m’a proprement (!) scandalisé. Il y a des limites que l’on ne dépasse pas, même « pour rire ».
Dans « Salut les terriens », l’émission de Thierry Ardisson, c’est Tom Villa qui est allé très, très loin, en traitant Robert Menard, le maire de Beziers, d’Adolf… avant de lâcher un autre nom après plusieurs secondes de silence. Menard s’est levé et est parti. Il a eu raison. Et je l’écris d’autant plus librement que je n’ai jamais été un « fan » de Menard qui était, voici une trentaine d’années, une sorte d’égérie (masculine) du journalisme en tant que président de Reporters sans frontières. En voilà un, d’ailleurs, qui avait compris tout le sens de la « com » en se livrant à des actes qui mettaient bon nombre de ses confrères en pamoison. Quoi d’étonnant à ce que, maire, il continue dans la même voie ? Mais comme il a décidé de se ranger sous une bannière différente, il est devenu une « tête de turc » de notre caste bien pensante.
Demain, promis, je vous (re)parle basket.
Ah si, j’allais oublier pour conclure ce post : l’ex-personne très âgée du comité directeur de RCM Basket, mon bon René, fête son anniversaire. Un an de plus. Qui s’ajoute à tant et tant d’autres. Le record de Mathusalem est en vue…

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