Politiquement correct... et (surtout) incorrect

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samedi 17 décembre 2016

Le basket est menacé



« Le basket est menacé ». Ce n’est pas moi qui l’écris mais M. Antony Thiodet dans l’Equipe de  jeudi dernier.
Vous ne connaissez pas M. Thiodet. A vrai dire, moi non plus jusqu'à cet article.
Mais je crois (fortement) en la parole et l’expertise d’un ancien directeur de la communication de la FFBB (1994-98), d’un ancien Directeur de l’ASVEL Basket (2003-2009) et d’un actuel membre de G2 Strategic. Il s’agit d’un cabinet de conseils (fondé aux Etats Unis) travaillant auprès de nombreux clubs en France et pas n’importe lesquels : le PSG, Lyon, Lille en foot, le Stade Français et La Rochelle en rugby, le CSP Limoges en basket. Bref, de solides références.
M. Thiodet peut donc porter un regard avisé sur le basket. Et s'il s'exprime plus particulièrement sur le basket de haut-niveau, principalement masculin à travers la Pro A, ses remarques peuvent être transposées à un basket féminin qui marche sur la tête depuis quelques années.
A la question « comment relancer l’attractivité de la Pro A ? » il répond : « pour se soigner il faut se savoir malade. J’ai l’impression que la maladie dont souffre le basket français doit être une maladie honteuse car on se la cache depuis des années. Il faut arrêter ce jeu d’hypocrisie ou d’auto-conviction résultant d’une cécité consistant à dire tout va bien. Regardez nos affluences, on a fait quinze personnes de plus que l’an dernier, donc youp la boum ».
A sa prise de pouvoir, notre président  fédéral a voulu engager une grande réforme du basket féminin (qu’il n’a pu imposer au secteur masculin, assez puissant pour lui apporter une réelle opposition). 
Le premier acte a d’ailleurs été profitable à RCM Basket. Cette année là nous aurions dû être relégué. Grâce à la réforme et à une augmentation artificielle des clubs pros se répercutant sur les divisions inférieures, nous avions sauvé notre place en NF2.  Mais ce qui est artificiel ne dure jamais bien longtemps. Surtout à une époque où le pouvoir de l’argent a pris le pas sur le pouvoir purement sportif.
On a vu ces dernières années beaucoup de clubs se lancer dans des courses à l’échalote en bâtissant des équipes à grand renfort de billets de banque et disparaître sous des déficits parfois abyssaux. L’exemple le plus marquant a sans doute été celui de Perpignan aujourd’hui rayé de la carte mais il y en a eu beaucoup d’autres… et il y en aura encore quand on voit la façon de se comporter de certains clubs. Il ne faut pas se le cacher : la grande majorité des clubs vit grâce aux subventions des collectivités locales. Que celles-ci viennent à diminuer pour de multiples raisons et c’est le club qui disparait. L’un des exemples les plus récents est celui de Fréjus qui tenait une place plus qu’honorable sur l’échiquier du basket azuréen, tant chez les hommes que chez les filles.
A Roquebrune, nous avions anticipé cette situation. Alors c’est vrai que notre équipe première n’a plus son lustre d’antan et même d’il y a peu (nous avons obtenu le titre de champion de France il y a seulement quatre ans !) mais au moins le club est toujours là, plus ou moins solide sur ses bases (j'en reparlerai). Par contre, niveau équipe première, les choses ne sont pas prêtes de s’arranger !
D’une façon générale, oui, le basket féminin est sinistré. Nous avons une magnifique devanture avec une équipe de France souvent brillante, des équipes de jeunes qui brillent dans les compétitions internationales et puis derrière…. pas grand-chose. De ce point de vue, la désaffection du public est catastrophique. Durant toutes les années de NF2 nous avons joué dans des salles quasiment vides à quelques notoires exceptions près (Laveyron à l'époque, Saint Jean de Muzols). Même en NF1, certaines salles sonnaient bien creux!
En ce qui concerne les jeunes, les structures départementales n’ont pas su s’adapter et proposent des championnats sans grand intérêt (et je suis gentil !). A partir du moment où on laisse une entière liberté de s’engager au niveau que l’on souhaite, peut-on réellement inciter des dirigeants à faire les efforts nécessaires pour bâtir des équipes compétitives sur plusieurs saisons ? Depuis septembre on dispute des matches dits « de brassage » qui doivent – théoriquement – servir à établir une hiérarchie. A-t-on besoin de 5 matches perdus par 60 points d’écart (et plus) pour conclure qu’une équipe 2 de RCM Basket doit jouer en Pré-Excellence plutôt qu’Excellence ? J’ai pris volontairement l’exemple de RCM Basket pour ne faire de peine à personne ! Inversement, on sait très bien que certains clubs ont triché à une époque pour éviter de se retrouver en Ligue et devoir faire des déplacements relativement coûteux dans le Var. En toute impunité. Et puis avoir une très bonne équipe volontairement "déclassée" à un niveau inférieur permet d'obtenir des titres dont on se sert pour justifier des demandes de subvention. Un cercle vicieux, quoi!
Oui, le basket féminin est menacé. Mais rares sont les personnes à oser le dire. Merci à M. Thiodet de l’avoir fait.

1 commentaire:

  1. Je ne crois plus trop à un avenir serein pour le basket, hélas :( De nouveaux sports sont beaucoup plus médiatisés que le nôtre!

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